En route pour l'Équateur

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Pour cet été, Nathalie et moi entreprenons une virée dans les Andes. Un mois sur les routes de terre et les pavés d’Équateur, en quête de découvertes culturelles et de vastes paysages.

Par Erwan
éditeur

Un grand bol de différence

Quand Nathalie et moi avions conçu de partir vivre à l'étranger – il y a presque quinze ans maintenant – l’Équateur avait figuré parmi les endroits qui nous attiraient le plus. Il s'en était fallu de peu qu’on s’y installe pour quelques années. Les aléas de la vie nous aurons finalement menés en d'autres coins du monde.
Rentrés en France depuis un moment maintenant et revenus aussi de notre pérégrination cycliste en Asie depuis plusieurs années, tandis que l’étau du coronavirus semble s'être desserré (quoique…) et qu’on ressent à nouveau pressamment l'appel du voyage, les paysages de la cordillère et les cultures traditionnelles andines se rappellent à notre curiosité.

Photos ci-dessus : Ministerio de Turismo Ecuador et PhJ
Image de tête : David Torres Costales

C'est donc en Équateur qu’on a décidé de promener nos sacoches cet été, le cœur chargé certes de quelques appréhensions (ça va grimper !) mais surtout d'une vive soif de découverte et de liberté.

La route

Bien que de petite taille en comparaison de ses voisins, l’Équateur offre une variété d’environnements naturels impressionnante, avec sur sa partie la plus orientale une portion de forêt amazonienne, au centre un tronçon de la cordillère des Andes, et sur le front ouest une plaine tropicale que borde l'Océan Pacifique ; à quoi s'ajoutent encore, à 1000 Km au large, les fameuses Îles Galapagos.
Une année complète d’itinérance ne serait sans doute pas de trop pour faire honneur à une telle diversité. On dispose “seulement” d’un un mois et demi, et on se sent plus enclins à promener nos sacoches dans des endroits où le climat demeure relativement tempéré. C’est donc le long de la seule cordillère qu’on projette de tracer notre route (en attendant de revenir peut-être une fois prochaine, découvrir d’autres aspects du pays).

En route pour l'Équateur

Photo : David Torres Costales

Le pays n'étant pas réputé pour la tranquillité de ses axes routiers, et nous-mêmes nous sentant de plus en plus portés à emprunter les voies non bitumées – le long desquelles nature et traditions sont généralement mieux préservées – on a décidé de calquer pour l'essentiel notre chemin sur l'itinéraire établi de la “Trans Ecuador Mountain Bike Route” (TEMBR), qui parcourt les montagnes par les voies non revêtues reliant entre eux les villages andins. Ces “routes” sur lesquelles on croise paraît-il bien peu de voitures sont en revanche toujours praticables à vélo… si tant est qu'on parvienne à s’accommoder de la pente et de l'altitude.

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Car de la pente et de l'altitude, on devrait en trouver un paquet, sur un parcours devant se faire pour l'essentiel à plus de 3000 mètres, avec une petite collection de cols à 4000 ou plus. Pareil programme… sur pistes terreuses… autant dire qu'on se lance un défi ! D'autant qu'on ne s'interdit pas de menus détours par des itinéraires plus vététistes. (Comme on dit : “qui ne tente rien n’a rien” !) Autant que les possibilités de ravitaillement le permettront, on prévoit cependant de parcourir de petites distances quotidiennes, inférieures à 40 Km (qui représenteront déjà près de 1200m de grimpette par jour en moyenne). D'ailleurs, comme à notre accoutumée, la trace GPS ne nous fournira qu’une base, qu’on remettra en question au jour le jour en fonction de nos besoins et envies, de notre forme et de notre humeur.

Les vélos

Pour cette vadrouille, on dispose de nos nouvelles montures : deux VTT de voyage que nous nous sommes montés cette année, dans l'optique justement de baroudes de cet acabit. Je roulerai donc sur le Big Bro que j'avais présenté ici il y a deux mois. Nathalie partira quant à elle avec un Surly Ghost Grappler au montage assez similaire.

  Vélo d’Erwan Vélo de Nat'
Cadre Brother Cycles Big Bro Surly Ghost Grappler
Transmission Shimano XT 1×12v 30/10-51 Shimano SLX 1×12v 30/10-51
Freins Hydro-mécaniques, Juin Tech M2
Disques de 160 mm
Mécaniques, Avid BB7
Disques de 160 mm
Roues Roues DT Swiss E-1900 SPLINE i30
Pneus Schwalbe Noby Nic 27,5×2,6”
Montage tubeless
Roues Shimano XT M8100 i30
Pneus Schwalbe Noby Nic 27,5×2,6”
Montage tubeless
Guidon Cintre Ergotec M-Bar Sport
Cornes internes et externes Shimano
Poignées Ergon Grips GA3
Cintre Koga Denham Bars
Poignées Ergon Grips GA3
Porte-bagages - Avant : Pelago Commuter Front M, inox
- Arrière : Tubus Cargo
- Porte-bouteilles 1,5L BBB
- Avant : Tubus Duo
- Arrière : Un modèle alu qui en a vu des vertes et des pas mûres
- Porte-bouteilles 1,5L BBB
Sacoches - Avant : Ortlieb Sport Packer Plus
- Plateau arrière : Exped Cloudburst 25
- Potence : 1 B-Twin, 1 Riverside Food Pouch
- Cadre : Restrap Full Frame Bag
- Top Tube : Red Cycling Products
- Avant : Ortlieb Sport Packer Plus
- Plateau arrière : Ortlieb Light-Pack Two
- Potence : 2 × Riverside
- Cadre : Fabriqué maison
- Guidon : Ortlieb Ultimate 6 Plus

Le matériel

Un conseil revient régulièrement à propos de la TEMBR : partir léger. On a donc essayé de ne pas s'encombrer outre-mesure, mais attachés à un certain confort (et pas très désireux de payer le prix d'un équipement ultra-light), on ne verse pas non plus dans le bikepacking minimal. À peu de chose près (des choses en plus), on adopte sur ce voyage l'équipement qu'on a établi depuis notre retour d’Asie pour nos vacances en France et alentour, et qui se trouve à mi-chemin entre le cyclo-tourisme classique et le bikepacking.

Habillement

En route pour l'Équateur

Photos non contractuelles ! Il manque des éléments par-ci par-là ; surtout sur cette photo-ci.

Notre parcours devrait nous faire passer en des endroits de haute altitude, mais la localisation tropicale du pays devrait nous éviter de voir le thermomètre chuter trop bas.
On emportera chacun quelques couches relativement légères qu'on superposera en fonction des circonstances : t-shirts en mérinos, chemise (qui fait office également de protection solaire), cache-col, doudoune, veste légère, veste et pantalon imperméables. Rien que des équipements bon marché, dont la plupart viennent de chez Decathlon.
Les chaussures étant une pièce d'équipement lourde et peu pratique en camping, on part comme à notre accoutumée équipés de sandales uniquement, avec des chaussettes étanches et des chaussettes en laine pour faire face aux intempéries.
Nathalie, qui ne jure que par un ancien modèle de cuissard Decathlon, a pu s'en procurer un nouveau sur Vinted. Pour ma part, je trouve trop incommode ce genre d'équipements, et me contente des propriétés anti-bactériennes des sous-vêtements mérinos.

 

Couchage

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Notre vieille tente Robens Lodge 3 qui nous avait accompagnés à travers l'Asie pèse plus lourd et nécessite davantage d'espace au sol que la Mongar 2 dont on a fait l'acquisition l'an dernier. Mais à 4000 m d'altitude elle préservera mieux la chaleur que nous émettons.
On dormira sur les mêmes matelas auto-gonflants Thermarest Prolite qu'on promène depuis que l'auto-gonflant est passé de mode (!), emmitouflés dans nos duvets Valandré Swing 900 (Nat') et Swing 700 (Erwan). Sans doute on sera amenés aussi à enfiler des hauts et des bas en laine mérinos de chez D4, voire une polaire légère.

 

Cuisine

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Après quelques hésitations sur le combustible, on a décidé de privilégier l'alcool, qui certes sera un peu moins efficace en altitude et un peu moins facile à se procurer que l'essence, mais tellement plus agréable à utiliser ! Pour la première fois, on emportera aussi un mini-réchaud à bois, qui pourra servir tantôt d'alternative, tantôt de pare-vent.
Notre popote sera un mélange des systèmes Trangia, mini-Trangia et de Decathlon, qui constitue pour nous un bon équilibre commodité-encombrement.
On transporte un peu d'huile d'olive et de produit vaisselle dans des emballages Pom'Pote, quelques couverts ordinaires (assez petits), des Opinel et deux-trois autres bricoles dans un Tupperware. Une autre boîte en forme de gobelet nous sert à protéger des fruits de l'écrasement ou à transporter les reste d'un repas.

Eau

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Il paraît que l'eau du robinet est potable un peu partout en Équateur. Pour le bivouac, on emporte quand-même notre filtre Sawyer Squeeze et quelques pastilles de Micropur. Les bouteilles pliables Sawyer nous permettent aussi d'augmenter notre capacité en eau sans encombrer en permanence les sacoches.
Sous les cadres, on a encore de quoi transporter chacun une bouteille d'1,5L. Des sacs de potence nous permettent de garder un bidon à portée de main.

Hygiène et santé

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Notre trousse à pharmacie comporte de quoi traiter des fièvres, inflammations et autres dérangements gastriques ordinaires. Pour les bobos : du sparadrap, des compresses stériles, quelques bandes de suture, et notre alcool à brûler en guise de désinfectant.
Rien d'extravagant dans le nécessaire de toilette, si ce n'est peut-être que j'utilise un torchon pour me sécher (c'est peu encombrant et ça sèche très vite). On transporte du shampoing dans un emballage PomPot' (attention à ne pas le confondre avec l'huile d'olive !). On transporte le savon dans un sachet plastique.

Outillage

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De petits outils, pour remédier à de petites pannes. En cas de grosse galères on s'en remettra aux professionnels locaux (et à l'auto-stop pour nous mener chez eux).
Un jeu de clés Allen, Torx et plates aux dimensions adaptées à nos besoins, un peu de visserie de rechange, une mini-bombe de dégrippant-lubrifiant, un dérive-chaîne et quelques maillons de rechange, du scotch d'électricien et du scotch tramé, de la bande velcro, des plastiliens…
Partant pour la première fois avec des pneus tubeless, on emporte tout le nécessaire de réparation (jusqu'au fil à coudre et à la glue qui permettent de réparer de gros déchirements), ainsi qu'une paire de chambres à air et des rustines autocollantes.

Électronique

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Pour suivre la trace de la TEMBR, on s'appuiera sur notre GPS Garmin eTrex 32x, dont les piles tiennent environ 4 jours. Mais pour les changements de programme et la recherche de points de ravitaillement, on aura recours à nos smartphones et à l'application OsmAnd, avec la carte du pays téléchargée à l'avance.
Pour l'essentiel, on prendra nos photos avec un Sony RX-100 II (qui prend de bonnes photos, pour un compact). Mais on utilisera sans doute aussi nos téléphones dans certains situations plus spontanées ou quand on voudra éviter d'intimider les gens.
En mode VTT, on ne compte pas comme à notre habitude sur un moyeu dynamo pour recharger nos appareils (on ne roulera pas assez vite pour ça). Mais à 3000m d'altitude en revanche et avec un soleil au zénith, notre nouveau chargeur solaire Anker PowerPort Solar devrait tourner à plein régime !

Documents, papèterie, lectures

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On n’a pas oublié les passeports ! On prend aussi les permis de conduire. (Si un de nous deux se casse une patte, on louera une voiture pour le reste du séjour.) En voyage on a toujours aussi chacun avec soi une feuille où sont rappelés des informations utiles en cas d’urgences.
On emporte tous les deux un petit carnet dans lequel prendre des notes et coucher des impressions. Je me suis également équipé d’un jeu de pastels d’écolier, avec l’idée que le dessin me permettra de savourer autrement les paysages et scènes quotidiennes. (Avec la photo, une fois l’image mise en boîte, j’ai parfois tendance à repartir sans avoir pris le temps d’admirer.)
Côté lectures, je lirai pour la troisième fois Ecuador, d’Henri Michaux. C’est un livre assez court pour un mois et demi de voyage, mais il est si riche que quelques pages suffisent à me rassasier pour la journée. Je passerai sans doute aussi beaucoup de temps sur Wikipédia.
Nathalie, plus grosse lectrice que moi, emporte 600 pages Tchekov. Est-que ça lui suffira ?

Dernières incertitudes

Ce voyage a bien failli ne pas avoir lieu. Une bonne partie du mois de juin, le pays a été paralysé par des conflits sociaux, qui ont heureusement abouti à un compromis au tournant du mois de juillet.
Et puis il y avait le Covid qui repartait à la hausse et qu'il ne fallait surtout pas choper avant de prendre le départ, alors que les gens autour de nous étaient testés positifs les uns après les autres.
Et la voiture, qui fait des pannes aléatoires ! Et les grèves dans les transports ! Etc.
Mais contre vents et marées, on a pu embarquer pour Quito, où on est arrivés hier. (Ce billet était préparé à l’avance, mais j’aurais craint de nous porter la poisse en le publiant plus tôt !)

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Photo : Ministerio de Turismo Ecuador

Avant de ne prendre le grand départ, on appréhende un peu le temps capricieux du pays et la fraîcheur des cols. On redoute que notre souffle ne soit trop court et nos mollets trop frêles pour les grandes ascensions. On craint d'emporter trop de matériel ou d'en manquer, de peiner à rallier les points de ravitaillement. On redoute de se tordre la cheville au hasard d'une marche glissante. Toutes ces appréhensions ordinaires à la veille d'un voyage…
Mais on est surtout curieux de voir comme les gens travaillent la campagne et comment s'organise la vie quotidienne sur les pentes andines, de nous familiariser avec l'accent local et d'entendre les sonorités de la langue quechua, de découvrir l'atmosphère des marchés ruraux et l'architecture des villes coloniales. On a hâte d'en apprendre plus sur les civilisations précolombiennes et d'admirer leurs vestiges. On a soif de retrouver l'air si clair des hautes montagnes, où la vue semble porter à l'infini, hâte d'admirer le volcan Chimborazo dont le sommet est paraît-il plus éloigné encore du centre de la terre que ne l'est le Mont Everest, hâte de planter la tente en immersion dans des paysages grandioses.
Quelques jours pour prendre nos marques dans le pays, et on enfourche les vélos !

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Photo : David Torres Costales

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Après cinq ans passés au Proche-Orient et en Amérique Centrale, ma belle et moi sommes venus au vélo par intérêt pour le voyage. D’abord un tour en notre Bretagne natale, puis quelques équipées sur des terrains plus relevés, et bientôt nous partions pour six mois de route entre Asie du Sud-Est et Asie Centrale.
Il m’est difficile à présent de concevoir un voyage sur un autre mode ; et pour toutes nos vacances ou presque, ainsi qu’un certain nombre de nos week-ends, nous chargeons le matériel de camping pour une échappée vélocipédique au grand air.

Informaticien à mes heures perdues, je suis également le développeur-éditeur-modérateur-dictateur de ce site, et du planificateur de voyages Talaria.

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