De Bretagne en Bourgogne

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En mars 2025, j’ai traversé la France sur ma P’tite Mule pour rentrer de l’assemblée générale de Cyclo-camping international. Mon trajet allait d’un petit village proche de Rennes à mon petit village au sud de la Bourgogne. Une très bonne occasion de découvrir des régions un peu délaissées par les grandes routes cyclistes, ou de voir des lieux plus touristiques hors saison. Il ne s’agit pas d’une grande aventure aux antipodes, j’en suis bien incapable, mais d’un voyage très plaisant dans des campagnes un peu oubliées. Voici le trajet de ces 8 jours de promenade.

De Bretagne en Bourgogne

La première étape m’a conduit dans un petit village pas très loin de Chateaubriant. Pour donner un peu de charme breton à ce trajet, je l’ai commencé dans le brouillard. Parfois, au détour d’un bosquet, apparaissait un manoir ou un bras de rivière. Les petites routes campagnardes franchissaient les collines sans difficulté.

La deuxième journée m’a permis d’aller à Angers en suivant la Maine. Par de petites routes, j’ai rejoint la Vélofrancette (V43) à Montreuil-sur-Maine. Le chemin de halage n’était pas très roulant à cette période. Comme il est fréquemment utilisé par les cavaliers, les marques laissées dans la boue par les chevaux sur le sol de terre donnent une surface pas confortable du tout pour les cyclistes. La fin de l’hiver est aussi la période où des travaux d’entretien sont réalisés sur les grands itinéraires, d’où quelques interruptions et déviations improvisées. À partir d’Angers, j’ai suivi l’Eurovelo 6 le long de la Loire. J’ai toujours été impressionné par la puissance de ce fleuve ! En cette période, chargée des pluies récentes, la Loire est immense.

La Loire

En suivant ce fleuve, j’ai pu constater la richesse de la biodiversité de ses berges. Pour se prémunir de ses caprices, la Loire est longée de digues, les levées, qui délimitent une zone plutôt sauvage jusqu’à son lit habituel. Ces zones humides sont très intéressantes à découvrir et la flore de mars y est magnifique. Autre curiosité de la région, les villages troglodytes établis le long des falaises créées par le fleuve avant son retrait. J’ai assez rapidement atteint la vallée de l’Indre ensuite. Encore une fois, la zone de confluence entre l’Indre et la Loire est une gigantesque zone humide biologiquement très riche. Et c’est au bord de l’Indre qu’est construit un des plus beaux châteaux "de la Loire" : Azay-le-Rideau.

Azay-le-Rideau

Après l’Anjou, la Touraine. La campagne est beaucoup plus plane ici que dans l’Anjou. C’est le domaine des grandes cultures, avec des surfaces cultivées sans haie ni bosquets, et sans trop d’animaux. Dans cette zone de grande culture, il est assez fréquent de constater les effets des produits phytosanitaires sur les graminées (certains champs, ainsi préparés, sont totalement rouges...). Le plus intéressant ici reste l’histoire. Certains villages, dans la région de Loches en particulier, ont des restes d’abbayes qui devaient être puissantes au temps de leur splendeur. Faute de moyens, la plupart sont aujourd’hui en ruines.

Abbaye de Cormery

Place au Berry pour la journée suivante. C’est une région où les grandes cultures règnent encore. C’est aussi la région de George Sand et du centre de la France (métropolitaine). Dans cette campagne, comme dans celles traversées les jours précédents, j’ai pu faire le constat de transformations sociologiques importantes. La voiture a réduit les temps de transport et les moyennes surfaces se sont installées aux portes des bourgs. Ceci allié à une certaine désertification fait que les villages paraissent presque morts, pleins d’anciens commerces abandonnés et de devantures défraîchies. Par ailleurs, cette région très plate dont les routes sont rectilignes est un vrai plaisir pour les cyclistes quand le vent est dans le bon sens... Avant d’arriver à La Châtre, je rencontre un des plus menaçants donjons vus dans ce voyage, celui de Sarzay.

Château de Sarzay

Encore un peu de Berry, puis c’est le Bourbonnais. Le paysage se vallonne, la culture laisse progressivement la place à l’élevage. Les haies et les bosquets font leur réapparition, ainsi bien sûr que les chants d’oiseaux. Je retrouve ici le canal de Berry. C’est un canal déclassé aujourd’hui parce qu’il n’est pas à la dimension minimale des péniches habituelles. Le longer permet tout de même d’avancer plutôt facilement quand le chemin de halage est lisse, un peu moins quand il est enherbé. C’est aussi une région où certaines réserves de chasse sont impressionnantes. Par exemple, la réserve du château de Saint-Augustin dans l’Allier (qui était une réserve animalière) est entourée d’une très haute clôture grillagée et barbelée avec vidéosurveillance. Les renards et autres chevreuils n’ont qu’à bien se tenir ! Mais enfin, la plupart des forêts sont ici très bien entretenues en futaies de chênes. Puis arrive Moulins et son très beau pont sur l’Allier.

Pont Régemortes à Moulins

Lors de la dernière journée de ce voyage, je rejoins le Brionnais après avoir passé la région de Digoin. Dans cette petite ville, il y a un pont canal intéressant. Il est moins célèbre que celui de Briare plus au nord, mais il est très photogénique quand même. Ce pont permet au canal latéral à la Loire de franchir celle-ci. Ce canal retrouve ici celui du Centre que je vais suivre jusqu’à Paray-le-Monial. C’est aussi ici que je retrouve l’Eurovelo 6. Les chemins de halage sont d’une excellente qualité et il est très facile de rouler en suivant ces canaux, accompagnés par les canards, les hérons et les ragondins.

Pont canal de Digoin

Après Paray-le-Monial, je quitte les bords du canal pour grimper les collines du Brionnais (l’essentiel du dénivelé de l’étape est concentré dans les 20 derniers kilomètres).

Cette grosse semaine de voyage à travers la campagne française est à la portée de tout cycliste. Les campings n’étaient pas ouverts à cette période (ils ouvrent en général courant avril). Cependant, l’offre d’hébergements est assez importante, même si l’on tente de restreindre son budget. J’ai utilisé à la fois des chambres d’hôtes classiques, des studios touristiques, une roulotte et une tiny house dans un centre équestre. Si vous en avez le temps, n’hésitez pas à jeter quelques affaires dans vos sacoches et à partir sur les routes de campagne. Le voyage n’a pas besoin d’autres buts que lui même, mais il a tellement à offrir !

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Je suis arrivé sur le tard au voyage à vélo, après une rencontre sur la voie verte entre Chalon-sur-Saône et Mâcon. La discussion que j'ai eu avec un voyageur rentrant à Dijon, durant quelques kilomètres, a suscité chez moi un grand intérêt. Je suis très vite parti après cette rencontre pour de petits voyages avec Biclou d'abord (un ancien vélo plus ou moins bricolé pour le voyage), puis avec P'tite Mule, une voyageuse née !

Depuis, avec ma fidèle P'tite Mule, je parcours la France et l'Europe au départ de mon village au sud de la Bourgogne. Vous pourrez trouver quelques notes sur mes voyages ici : findpenguins.com/ptitemule.

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  • Charly
    Charly, le 03/04/2025 à 20h11
    Merci pour le récit !
  • Erwan, le 02/04/2025 à 19h46
    C’est chouette la France ! Chaque jour on change d’environnement !