Test : La tente Naturehike Mongar 2 offre un bel équilibre de qualités

Test : La tente Naturehike Mongar 2 offre un bel équilibre de qualités
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La tente Naturehike Mongar 2 offre une option à la fois légère, pratique et confortable, pour un prix défiant la concurrence.

Depuis des années, ma belle et moi dormions sous une tente Robens Lodge 3. Cet igloo nous avait impressionnés par la qualité de ses matériaux, de ses finitions, et par les nombreux détails pratiques qui nous ont rendu la vie facile, notamment pendant notre voyage en Asie.
Depuis quelque temps, nous cherchons cependant à réduire le poids et le volume de notre équipement. Les 3,4Kg de la Lodge 3 nous ont semblé quelque chose sur quoi nous pouvions rogner.

Pour qui tient à donner la priorité au poids, les modèles structurés en tunnels et les tipis offriront certainement les options les plus intéressantes. Pour notre part, bien qu'attribuant maintenant davantage d'importance à ce paramètre, les critères de commodité et de confort demeurent essentiels. C'est pourquoi nous avons opté cette fois encore pour un modèle spacieux et autoportant.

Léger, bon marché, et costaud : on dit qu'il n'est pas possible de réunir les trois qualités. La Mongar 2 de chez Naturehike propose néanmoins un compromis très équilibré, que nous avons pu mettre à l'épreuve cet été dans les contreforts méridionaux du Massif Central et dans les campagnes bretonnes.

À l'intérieur

Comme son nom l'indique, la Mongar 2 est conçue pour accueillir deux personnes. Grâce à une structure originale, elle offre un volume bien arrondi. Assis ou allongés, on s'y sent assez à l'aise. (Du moins nous nous y sentons à l'aise, avec nos tailles respectives de 1,75m et 1,83m.) On n'est pas écrasés l'un contre l'autre durant la nuit, et on n'a pas besoin de s'adonner à des contorsions particulières pour s'habiller ou attraper un objet à ses pieds.
La tente dispose de deux entrées, dont peuvent profiter chacun des deux occupants sans avoir à enjamber l'autre.

L'intérieur offre trois possibilités de rangement du petit matériel. Deux poches assez basiques sont accessibles au niveau des pieds et de la tête ; tandis qu'une sorte d'étagère en toile de moustiquaire, suspendue au sommet du dôme, se révèle très pratique pour garder de petits objets à portée de main et à l'abri de l'écrasement (lampe, lunettes, téléphone…). Cette étagère a l'inconvénient de réduire un peu la hauteur sous tente, mais c'est un compromis espace-commodité qui nous a semblé valoir le coup. (D'ailleurs il est possible de la retirer, ou de ne pas s'en servir.)
Comme à peu près sous toutes les tentes de randonnée, une fois qu'on a pris place à l'intérieur, il ne reste que peu d'espace pour faire entrer également du matériel. Mais ça n'est pas un grand problème avec cette tente, car ses deux entrées sont pourvues d'absides sous lesquelles il est possible de stoker des sacs à l'abri de la pluie. En général nous faisons le choix de sacrifier une des entrées pour remiser sous son abside un maximum d'équipement. Des débords de toile étanche sur les deux autres côtés de la tente permettent également d'abriter de la pluie et des regards un peu de matériel supplémentaire. Contrairement aux absides, ces emplacements ne sont cependant pas accessibles depuis l'intérieur de la tente.

Montage

Le montage de la Mongar 2 est une opération facile et rapide. La structure est assurée par un système d'arceau unique ramifié que je serais bien en peine de décrire. Une photo fera mieux ce travail.

Structure

Une fois emboîtés les arceaux, on emmanche leurs extrémités dans des œillets, aux quatre coins du sol de la tente ; et le dôme est levé, qui tient tout seul, sans sardines !
Les ramifications à chaque bout de la voûte principale assurent que la tente soit autoportante et suffisamment large au niveau de la tête et des pieds des dormeurs. La petite barre perpendiculaire à la voûte élargit l'espace au niveau de la tête pour la position assise. Bien qu'ils soient plus sophistiqués que des arceaux ordinaires, on prend vite le coup d'emboîter les différents éléments.
Courber les arceaux demande d'exercer plus d'effort que sur toute autre tente que j'ai déjà montée. Ce n'est pas que ça requière de la force (un enfant pourrait le faire), mais je me demande si cette tension ne pourrait pas réduire la durée de vie du produit… Cela dit je n'ai rien eu à déplorer pour le moment, après une bonne vingtaine de montages-démontages ; et puis nous parlons ici d'arceaux en aluminium 7001, bien plus fiables que du carbone.

La chambre intérieure se fixe à l'armature par un système de crochets astucieux, qu'on clipse et déclipse d'un tour de poignet. Au début on cherche un peu dans quel sens tourner – selon que l'on monte ou démonte la tente – et puis avec l'habitude le mouvement devient intuitif et très efficace. Ce système de fixation m'a convaincu au-delà de tout ce que j'avais pu essayer auparavant.
Un geste un peu moins évident est celui par lequel on attache la chambre à la portion perpendiculaire de l'armature. Il faut attacher les deux bouts de l'arceau en se tenant du même côté de la tente (et donc en passant le bras par-dessus la tente, pour la deuxième extrémité), car si on attache un côté puis qu'on fait le tour de la tente pour s'occuper du second, le premier se défait. Enfin je chipote ! Une fois qu'on a compris l'astuce, il n'y a pas de difficulté.

La toile étanche se jette par-dessus la tente. On la fixe d'abord à cet arceau traversant, puis on la clipse aux quatre coins de la tente, par des fixations ajustables de type sac à dos. On peut aussi nouer la toile à l'armature en cas de grand vent. Des rubans sont prévus à cet effet sur la face intérieure. Ma tente Robens propose de petits velcros que je trouve plus pratiques. (Mais pour être honnête, j'attache rarement la toile étanche à l'armature.)

Deux haubans sont proposés à chaque extrémité de la tente, à des emplacements qui ne me paraissent pas les plus efficaces pour résister au vent. Je reviendrai plus bas sur la question des intempéries.
Les sardines ont la forme d'une étoile à trois branches extrudée. Elles sont légères, et dans les sols plutôt tendres où on les a utilisées, elles se sont montrées solides et faciles à enfoncer. Elles sont rouges, ce qui me semble une couleur de choix, pour éviter de les perdre !

Montage terminé, la tente occupe environ 2,10x2,50m au sol. On dispose à l'intérieur de 1,27m en largeur et 2m en longueur (mesurés au sol), pour une hauteur de 97cm. Avec deux entrées possibles et un design symétrique en longueur comme en largeur, on est moins soumis à la direction du vent ou au sens de la pente pour trouver un emplacement.

Schéma des dimensions

Alternatives de montages

En plus de la chambre intérieure et du double-toit, la tente est livrée avec un tapis étanche, que l'on peut à loisir monter ou non sous la tente. Le sol de la chambre, constitué d'un nylon 20 denier enduit au silicone, n'offre en effet qu'une étanchéité et une solidité relatives. Le tapis supplémentaire (même matériau) permet donc d'améliorer ces deux caractéristiques.
On peut supposer que Naturehike a fait le choix de cette double couche (plutôt que d'une couche unique plus performante) pour laisser au randonneur la possibilité de partir léger, en n'emportant pas le tapis. Ce design laisse aussi la possibilité de remplacer uniquement le tapis s'il devient trop usé, plutôt que de changer la chambre entière. (À condition bien sûr d'arriver à en trouver un de rechange ; car bien que théoriquement disponible comme pièce détachée, il ne semble pas aisé de s'en procurer un.)
Autre avantage d'un tapis séparé de la chambre : on peut s'en servir durant la pause, pour s'installer sur un sol mouillé ou poussiéreux. Durant notre tour dans les Causses et Cévennes, on s'en sera servi presque quotidiennement soit pour pique-niquer soir pour faire la sieste. Il se sera avéré un élément phare de notre équipement !

Toile de sol indépendante

À l'exception de son sol étanche, la chambre est constituée presque exclusivement d'une moustiquaire. Il s'agit évidemment d'une option favorisant le poids. Elle permet également une bonne aération par nuits chaudes, d'autant qu'on peut ouvrir les deux entrées de la toile étanche pour favoriser les courants d'air. Si la météo s'y prête, il est même possible de monter la tente sans la toile étanche, pour profiter en quelque sorte d'une nuit à la belle étoile, tout en restant protégé des insectes. Une option de montage qui nous a beaucoup plu. À l'exception d'une nuit où l'orage nous a pris par surprise !

Montage moustiquaire seule

Cette nuit-là, on aurait sans doute été mieux avisés d'avoir recours à une autre possibilité de montage – dont on a pris conscience que plus tard. Car la tente propose aussi un compromis entre le montage complet avec toile étanche et celui quasi au grand air avec la seule moustiquaire. Cette formule consiste à rouler le double-toit sur la moitié de sa longueur. On obtient ainsi une tente à demi couverte, bien aérée, mais qu'on pourra re-bâcher intégralement en un rien de temps si le temps vient à se gâter, puisque la toile étanche est déjà maintenue sur la plupart de ses points de fixation.
Ce mode semi-couvert pourrait aussi se révéler intéressant par des nuits chaudes durant lesquelles ont voudrait profiter d'une bonne ventilation ou de la vue sur les étoiles, en tenant néanmoins l'intimité de son sommeil à l'abri des regards. On prendra alors soin d'orienter la tente dans la direction qui nous cachera le mieux.

Montage semi-couvert

En complément de ces alternatives de montage, une petite amélioration du modèle aurait été appréciable : qu'on puisse monter la tente sans la chambre, avec seulement le tapis et la toile étanche. C'est une possibilité qu'on rencontre sur certains modèles concurrents, qui permet de partir encore plus léger, en bénéficiant néanmoins d'un abri efficace contre la pluie. Il aurait suffi pour cela que Naturehike ajoute des clips femelles aux coins du tapis, pour un supplément de prix et de poids sans doute très modique. Dommage…

Petit bonus, mais pas mal plus lourd et plus coûteux : il est possible de se procurer à part une extension de la tente, qui agrandit considérablement l'espace abrité, au prix de 780g supplémentaires, et quelque chose comme 90€.

Extension vestibule

Rangement et transport

Le pliage de la tente est aussi commode que le montage. La présence du tapis étanche simplifie l'exercice de replier l'ensemble sans mouiller la chambre intérieure. Arceaux, sardines et sol disposent chacun d'une housse de rangement, et une sangle à velcro permet de maintenir bien roulées la toile étanche et la chambre. L'ensemble se glisse sans difficulté dans un sachet qu'on referme par un cordon avec système de blocage.

Une fois remballée, Naturehike annonce un paquet 50cm de long pour environ 15cm de diamètre. Mais les arceaux mesurent à peine plus de 40cm, si bien qu'on peut s'arranger pour former un boudin moins long et plus large (~45x17cm) qui pourra se glisser entre les cocottes de certains cintres de gravel tels le VentureMax XL ou le Cowchipper 52cm par exemple. Cette longueur de 40cm peut être propice également à glisser les arceaux dans une sacoche de cadre ou sous le tube supérieur du vélo, tandis qu'on bourre les toiles et sardines dans ses sacoches. Et puis il y a évidemment la possibilité de fixer la tente sur le plateau d'un porte-bagages.

Transport au guidon

La tente complète affiche un peu moins de 2,2 Kg sur la balance, répartis comme suit :

  • Arceaux, avec housse : 575 g
  • Chambre : 655 g
  • Double-toit étanche : 540 g
  • Tapis, avec housse : 240 g
  • Sardines et haubans, avec housse : 125 g
  • Housse pricipale : 30 g

Face aux éléments

La Mongar 2 est vendue comme une tente trois saisons. Je la recommanderais quand-même plutôt pour les beaux jours.

Comme on l'a vu, elle dispose de plusieurs atouts pour l'été. Le tapis amovible peut aussi être laissé à la maison si on sait qu'on campera sur des sols à peu près secs. Avec sa moustiquaire intégrale, la chambre intérieure est bien ventilée. On peut même monter la tente sans la toile étanche, pour profiter de la fraîcheur nocturne et des étoiles.

En revanche, ces derniers avantages ont leur contrepartie quand les nuits se font plus fraîches. La moustiquaire ne permet pas de conserver la chaleur aussi bien qu'un tissu opaque, et on pourra même parfois sentir le vent s'engouffrer sous la toile étanche.

Perméabilité au vent

Pour ce qui est de la pluie en revanche, sans promettre de résister à des pluies répétées quotidiennement, le sol et le double-toit font bien leur boulot tant qu'on a l'occasion de les faire sécher régulièrement. Nous n'avons passé que deux nuits sous la pluie, mais c'est comme si le ciel nous était tombé sur la tête, et nous n'avons pas eu la moindre goutte à déplorer à l'intérieur de la tente. La toile en nylon 20D (comme le reste) supporte ses 4000 mm de colonne d'eau. Elle a une certaine élasticité lors du montage qui permet de la tendre convenablement (bien que de légères ondulations demeurent systématiquement). Moustiquaire et double-toit sont suffisamment espacés pour que le vent ne les fasse pas entrer en contact, ou que dans un geste malencontreux on les pousse l'un contre l'autre.

En termes d'humidité, la condensation s'est finalement révélée plus ennuyeuse que la pluie. À l'occasion de plusieurs nuits douces et sans vent, nous avons retrouvé au matin une toile étanche trempée de l'intérieur (même avec les deux “fenêtres” d'aération ouvertes). Le désagrément n'est pas majeur, car la chambre reste sèche, mais ce n'est pas très agréable en passant la porte (un peu étroite), et on est un peu dégoûté, après une nuit sans intempéries, de remballer une toile humide…

Sur le plan de la solidité, je n'ai pas encore mis la tente à l'épreuve des années et des montages inlassablement répétés. Évidemment, avec un produit qui cherche à réduire le poids, on se retrouve avec des matériaux plutôt fins (toiles, sangles, clips, arceaux…). En une vingtaine de nuits, je n'ai cependant pas eu à déplorer de casse ou de déchirements quelconques. En revanche une défaillance anodine soulève des interrogations pour l'avenir, car une couture du sachet de rangement du sol étanche a commencé à se défaire. C'est évidemment une bien maigre contrariété, mais elle me laisse redouter que la même avarie se produise plus tard sur des pièces plus essentielles.

Un clone de la Hubba ?

C'est ce qu'on entend souvent : Naturehike aurait pompé le design d'un modèle phare de chez MSR, la Hubba Hubba NX.
Il est vrai que les deux modèles se ressemblent pas mal… Mais copie ou pas, je n'emploierais pas pour ma part le terme de “clone”, et je préférerais celui d'“alternative”.

MSR Hubba Hubba NX

La tente de MSR s'inscrit clairement dans le haut de gamme. Ses matériaux de qualité lui permettent de réduire encore le poids, et ses finitions sont plus raffinées. Je ne serais pas non plus surpris que les glissières soient plus durables et les toiles plus étanches et moins sujettes à la condensation. Mais la Hubba est vendue au tarif de 400 €, à quoi il faut encore ajouter 30 € minimum pour le tapis, vendu à part. La Mongar est proposée quant à elle pour 170€  (tapis inclus), soit environ 2,5 fois moins. La tente de Naturehike est-elle deux fois et demi moins bonne que celle de MSR ? J'en doute. Mon ressenti de cet été est très positif.
En rognant un peu sur le poids et les finitions (et peut-être un peu aussi sur le choix des matériaux, mais ce serait à vérifier), Naturehike est parvenu à proposer un produit néanmoins de qualité, accessible à un public pour lequel le budget de la MSR est trop élevé. Alors oui les deux tentes se ressemblent de façon suspecte, mais il me semble qu'il y a de la place sur ce marché pour ces deux modèles, qui satisferont des priorités différentes.

Je n'ai jamais vu de tentes Naturehike en vente ailleurs que sur internet. La Mongar 2 est proposée dans plusieurs couleurs et certaines variantes de matériaux que vous trouverez détaillées sur le site du fabriquant : https://www.naturehike.com/collections/tents/products/naturehike-20d-mongar-double-layer-waterproof-tent-for-2-persons-nh17t007-m (Note en passant : la verte, un peu flashy, n'est pas forcément la plus discrète.)

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Après cinq ans passés au Proche-Orient et en Amérique Centrale, ma belle et moi sommes venus au vélo par intérêt pour le voyage. D’abord un tour en notre Bretagne natale, puis quelques équipées sur des terrains plus relevés, et bientôt nous partions pour six mois de route entre Asie du Sud-Est et Asie Centrale.
Il m’est difficile à présent de concevoir un voyage sur un autre mode ; et pour toutes nos vacances ou presque, ainsi qu’un certain nombre de nos week-ends, nous chargeons le matériel de camping pour une échappée vélocipédique au grand air.

Informaticien à mes heures perdues, je suis également le développeur-éditeur-modérateur-dictateur de ce site, et du planificateur de voyages Talaria.

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